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San Francisco. Le lieutenant Bullitt (Steve McQueen) est chargé de veiller sur la sécurité d'un témoin important, Johnny Ross, dans le cadre d'une enquête contre le crime organisé...
Pour comprendre à quel point Bullitt de Peter Yates fut surestimé à sa sortie, il faut évoquer très rapidement La Soif du Mal (1958). En effet, il a été dit maintes et maintes fois à son propos qu'Orson Welles avait réalisé l'un de ses films les plus personnels à partir d'un sujet de polar de série B. Dans la cas de Bullitt, c'est justement tout le contraire qui s'est produit : à partir d'un sujet plutôt conventionnel, même si certains se plaisent à penser que c'était « une nouvelle manière d'évoquer les rapports entre le monde du crime, celui de la politique et celui de la police », Yates a réalisé, ni plus ni moins, un pur « produit de routine ».
Certes, on peut louer certaines scènes d'action assez spectaculaires, et plutôt réussies d'ailleurs, tournées en décors naturels (la poursuite de voitures dans les rues de San Francisco notamment). Mais, à part ça, que nous « dit » Peter Yates ? Malheureusement pas grand chose, sinon rien : dénués de toute psychologie, ses personnages ne sont que des troisièmes couteaux au service de l'action !
Dans un registre assez proche, mais traité de façon beaucoup plus judicieuse, on préfèrera donc mille fois Serpico (1973) de Sidney Lumet.
A noter toutefois la très belle partition musicale signée Lalo Schifrin.
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